20/09/2008

Vendredi 19 septembre - Visite du 1er mois

Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec le Docteur HOBEIKA pour ma première visite après l'opération. Nous sommes à J38.

Est-ce que j'y suis allée ? Bien entendu. En courrant même. J'avais hâte de lire sur son visage un signe d'encouragement ou de félicitation.

Evidemment, en me levant ce matin je me suis pesée. Ma balance m'annonce le poids de 109,600 kgs. Waouh, ça y est, encore une dizaine de passée. C'est le grand bonheur. Il aurait pu se passer n'importe quelle catastrophe au bureau ce matin que je n'aurais sans doute pas perdu le sourire.

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Imaginez donc cet après-midi pendant mon entretien avec le médecin :

Lorsque je suis arrivée, son assistante m'a demandé de monter sur la balance. Aïe, elles sont toujours méchantes les balances des médecins. Sauf celle-là ! J'ai rencontré aujourd'hui la plus extraordinaire des balances. Verdict : 107 kgs. Ce qui ferait une perte de poids de 17 kgs. Et oui, 17. La vache !!!

C'est donc avec grand plaisir que j'ai accueilli, dans son bureau, ce cher, ce très cher Monsieur Hobeika.

"Bonjour Madame. Alors, comment allez-vous ?" - "très bien". -"Pourquoi très bien ? parce que vous vous sentez mieux ? Alors votre poids aujourd'hui....      107 kgs. Ca fait moins 17 kgs. Moins 17 kgs ?!!! Ah oui, je comprends. C'est très bien 17 kgs".

J'accepte les compliments avec plaisir, puis s'entame une discussion qui ne durera pas très longtemps mais pendant laquelle j'ai le temps de poser mes questions dont voici les réponses :

- mon ronronnement quand je mange, c'est normal. Quand les aliments descendent dans l'estomac (dont le diamètre n'exède pas 2,5 cms rappelons-le), l'air qui n'a plus de place essaie de remonter le long des parois. D'où les ronrons.

- le hoquet quand je mange, c'est normal. Il suffit que je mange trop vite ou en faisant de trop grandes bouchées, les aliments touchent les parois de l'estomac qui se défendent. D'où le hoquet.

- je peux manger de tout mais en prenant mon temps et en mâchant excessivement bien.

- je ne dois plus faire six repas (encas). Seulement 3. Il faut désormais éviter les grignotages. Si je ressens de la faim, malgré tout je peux manger un morceau de fromage ou de fruit. Et je dois boire, de l'eau bien entendu.

- si je respecte les consignes il n'y a pas de raison pour que la perte de poids s'arrête. C'est dans les six premiers mois que les kilos devraient plus aisément s'envoler pour une autre planète. Ensuite, ce sera un peu plus lent jusqu'à ce que j'atteigne mon poids de forme. Et quand mon estomac aura retrouvé une taille quasi normale (il va se détendre), il aura été éduqué pour manger peu. A moi d'être vigilente et de ne pas le laisser réclamer outre mesure. Il ne faudra surtout pas succomber à sa tentation. Sinon, il y a toujours la solution du By Pass. Ah NON, NON, NON. Je n'en veux pas. Ce serait quand même dommage !!!

Au médecin de rajouter : "vous savez, lors de la visite du premier mois, je peux dire si l'opération sera une réussite. Sur deux personnes qui ont subi la même intervention chirurgicale, je sais pour laquelle nous obtiendrons le résultat escompté et pour laquelle nous vivrons un échec". Il ajoute alors (devant ma motivation et les premiers résultats encourageants) : "en ce qui vous concerne, je n'ai aucun doute, ça va marcher". Qu'ils sont doux à entendre ces mots !

Nous envisageons ensuite ensemble les suites qui vont être à donner sans délai.

- "Refaites-vous du sport ?" Non pas encore mais je l'envisage sérieusement. Je ne veux pas ressembler à une glace en cornet qui aurait passé trop de temps à la chaleur. (vous la voyez bien l'image ?) desserts-glaces-12[1]

Il ne me reste qu'à trouver quel sport. C'est encore trop tôt pour la piscine.200573599-001[1]

 

 

 
L'heure des défilés en maillot de bain n'a pas encore sonné. Je ne suis pas prête non plus pour le jogging.

 J'ai pensé par contre aux salles de sport, de remise en forme, où l'on passe 5 minutes sur chaque appareil. PAA131000061[1] 
 Mais c'est un peu (voire beaucoup) trop cher. Non, je crois que dans un premier temps je vais commencer par faire mes exercices à la maison. Plusieurs séries quotidiennes d'abdos devraient être un bon début. Je me souviens d'ailleurs comme je détestais écrire, allongée sur le dos, la date du jour avec les jambes tendues. Quelle horreur. Mais cette fois ce sera pour la bonne cause.

Je vais devoir désormais m'occuper de ce corps qui ne va plus me ressembler. J'ai d'ailleurs prévenu mon mari, pas plus tard qu'hier, qu'il allait devoir prévoir, outre un budget "vêtements" (bien que dans un premier temps je vais pouvoir ressortir bon nombre de ceux qui m'attendent depuis tant d'années, qui ne m'allaient plus et que j'avais rangés dans l'armoire en me disant à chaque fois "on ne sait jamais, si un jour je maigris"!), un budget "soins pour le corps".

 Je veux maigrir mais je ne veux pas vieillir ni flétrir. Je ne veux pas ressembler bientôt à un soufflet au fromage  13423864_p[1] cuit de la veille, qui aurait trop monté et qui, à la sortie du four, serait retombé en dégoulinant sur le tour extérieur du moule. (je la vois trop bien cette image) Criant

Notre entretien rempli d'échanges savoureux touche à sa fin. Je remercie MON médecin (je me le suis désormais approprié). Grâce à lui (bon, d'accord, un peu grâce à moi aussi. Mais beaucoup grâce à lui tout de même), ma vie va changer. Il apprécie la minute. Mais je ne peux m'empêcher de lui dire à quel point j'ai mal vécu les deux reports de date pour l'opération. Je lui précise que j'ai ressenti la deuxième annulation comme si j'étais dans l'oeil du cyclone Katrina. J'essaie de lui faire comprendre comme ça a été difficile. Il me demande de l'excuser et tente de s'expliquer. Je l'excuse sans effort. On n'en parle plus. Le meilleur est désormais devant.

Nous nous quittons donc. Rendez-vous dans six mois.

Au revoir Madame. Au revoir Docteur et merci encore. KS13920[1]

C'est le coeur léger que je sors de l'hôpital.

(Sacré après-midi. Trois heures de transport en commun   pour 10 minutes d'entretien avec MON médecin. Mais ce sont 10 minutes que je vais savourer et qui vont me guider pendant plusieurs semaines je crois. Que du bonheur !)

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03:46 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j38 moins 17 kgs |  Facebook |

10/09/2008

J'espère que ça ne va pas s'arrêter !

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12:26 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/09/2008

Ma courbe de poids

Le dernier jour de mon hospitalisation, le médecin m'a prédit une perte d'environ 15 kilos en un mois.

Nous sommes le 9 septembre 2008, je pèse 111,9 kilos. J'ai donc officiellement perdu 12 kilos. Ca commence à se voir mais je commence surtout à le sentir. Je monte à nouveau mes 3 étages sans m'arrêter. Je m'accroupis facilement. Je me sens mieux.

Je regrette de ne pas m'être pesée le jour de mon hospitalisation. Car il y avait longtemps que je n'étais pas montée sur une balance. Je ne voulais pas voir. Le poids que j'ai annoncé aux médecins datait de plusieurs mois. Et j'ai tellement "abusé" pendant les semaines qui ont précédé mon opération. En fait, je m'autorisais tout ce que je m'étais toute ma vie interdit et tout ce que je ne pourrai plus m'autoriser. Je mangeais des sandwichs grecs (c'est bon!), des glaces au restaurant, des bonbons au bureau etc... C'était psychologique, je le savais.

Dans 3 jours, ça fera un mois. Je ne serai pas loin des 15 kilos perdus. Je suis heureuse de ce début de résultat. Pourvu que ça dure !

14:46 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ca descend |  Facebook |

De retour à la maison

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Je le savais que j'allais faire ça tout de suite en arrivant, mais après avoir embrassé ma fille et caressé mes chiens : je me suis pesée.

Quelle joie et quelle surprise aussi : 119 kilos et 100 grammes. J'ai déjà perdu 5 kilos. J'ai envie de rire, j'ai envie de pleurer, je ne sais plus ce que je dois faire. Quel bonheur!

Mais je suis fatiguée. Je m'assoupie sur mon fauteuil, les jambes surélevées, heureuse au milieu des miens.

14:16 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moins 5 kgs |  Facebook |

C'est l'heure de la sortie

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Vendredi 15 août 2008

C'est un grand jour pour ma voisine et pour moi. Nos maris respectifs viennent nous chercher. Nous rentrons à la maison.

Bien que je me sente encore très fatiguée. Je suis heureuse de rentrer. Je vais retrouver mon petit monde : ma famille, mes chiens Nugget le cavalier king charles et Brioche le cocker américain, mes amis etc...

Ce matin, après un petit déjeuner copieux (un bol de café au lait, deux biscottes avec beurre et confiture -je n'ai pas pris le beurre et n'ai mangé qu'une biscotte) j'ai demandé au médecin lors de sa visite quand je pouvais reprendre la pétanque. Il m'a répondu : "Maintenant si vous voulez. Evitez le tir à l'arc mais la pétanque, y'a pas de soucis". Bien reçu Docteur. Merci pour tout.

Derniers actes administratifs accomplis, ma voisine est déjà partie (nous avons échangé nos numéros de téléphone pour prendre des nouvelles de temps en temps).  C'est jour férié, on m'enverra par courrier les explications nécessaires pour manger. Pour l'instant, liquide, mixé mais pas de morceau et pas de pain (ça gonfle!). Il est 11:00. Mon mari est arrivé en même temps que le taxi. Je remercie à nouveau tout le monde. Nous rentrons.

Après la pluie, vient le beau temps

Nous sommes le mercredi 13 août.

Quelle surprise ! On m'apporte un bol de café. Je suis ravie. Ca y est, j'ai le droit d'avaler quelque chose. Hum, mon haleine va changer, enfin ;-)

Je bois mon café avec bonheur. Le seul souci, c'est mon petit besoin naturel à satisfaire. Je n'y arrive pas (le bassin et moi ne sommes pas copains) et le café ne va rien arranger. J'en parle aux infirmières. Encore un peu tôt pour me lever et un peu difficile : j'ai la perfusion à gauche, le redon à droite et un appareillage électrique sur chaque jambe (pour éviter les phlébites). Il faut absolument me soulager et donc me sonder. Je n'éprouve aucune crainte, j'ai tellement besoin de m'alléger.

La sonde est posée. Quelle plénitude !  Je n'ai pas compris pourquoi c'était déjà beaucoup un litre et que l'infirmière a décidé de retirer la sonde.  Il y avait certainement une raison.

Après déjeuner (un bol d'eau chaude aromatisé, une compote et un yaourt nature), vers 13:00, une infirmière vient refaire mes pansements. J'en profite pour constater. Il y a 4 trous de 2 cms environ dont 1 pratiquement cicatrisé, et un tout petit dans le nombril. Ils sont tous très beaux. Je les aime. Le seul qui soit encore ouvert c'est celui qui accueille le redon. Normal.  Température normale (36-6), pas de douleurs insurmontables, la perfusion m'est retirée. Ah, un début de liberté.

J'ai encore un petit besoin naturel à satisfaire. Je ne suis toujours pas tombée amoureuse du bassin. Qu'à cela ne tienne, une aide soignante me désemprisonne les jambes et m'aide à me lever. Déjà ! Je suis ravie, un peu faible sur mes jambes, mais ravie de pouvoir aller au petit coin toute seule. Vive l'indépendance ! J'en profite pour récupérer et déchirer soigneusement mes lettres d'amour écrites dans un moment de grande et finalement inutile inquiétude.

Vers 15:00, mon mari et ma fille me rendent visite. Ma fille m'offre un joli rosier. Merci mes amours.

Nous sommes le jeudi 14 août.

Aujourd'hui, mon mari ne viendra pas. Il travaille. Mais ce n'est pas bien méchant puisque je sors demain d'après ce qu'a dit le médecin. Il vient de passer. Selon lui tout se passe bien. Mon copain le redon va même pouvoir regagner son placard.

Une infirmière vient donc l'oter. Sensation fort désagréable mais qui n'a duré que quelques secondes malgré la longueur du tuyau (environ 50 cms). Avec le recul, c'était pas bien méchant. Et puis nous, les femmes, nous sommes résistantes.

Et bien voilà, je suis totalement libre. La journée se passe agréablement. Tout le personnel hospitalier est charmant. Je discute avec ma voisine. Elle habite dans l'Aube. Elle m'explique qu'elle a dû se faire opérer des intestins (cancer décelé pendant ses vacances il y a 15 jours). Elle est soulagée. Comme je la comprends. Quant à moi je lui explique mes motivations. Elle me comprend. Je l'invite à boire un café au rez-de-jardin. Nous marchons comme des petites vieilles mais tellement heureuses l'une et l'autre. Comme la vie peut être belle !

14:02 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : re que du bonheur |  Facebook |

JOUR J, mon réveil

Quand j'ouvre les yeux, je suis dans la salle de réveil. Je suis donc vivante ! Quel bonheur ! sallesspiavron[1]

J'entends une dame dire sur un ton un peu énervé : "oui, oui, elle, on la remonte". Que s'est-il passé ? Elle en a après moi ? J'ai peut-être été désagréable pendant mon sommeil. Je ne veux rien savoir Embarassé. Je me rendors (ce n'est pas difficile).

chambreavron[1] Quelques minutes plus tard, j'arrive dans ma chambre. J'ouvre à nouveau les yeux et peux apercevoir mon mari et ma fille qui m'attendent devant la porte. Ils sont là. Je suis là moi aussi. Il est 13:40.

Le brancardier m'installe. Mes amours me rejoignent. "Alors, comment tu vas ?"

Je ne m'étais pas posé la question. Je sais que je suis heureuse. Je suis vivante et j'ai dû être opérée car j'ai mal partout. Au ventre bien entendu. Mais surtout à la gorge. Et je ressens comme des courbatures dans tout le corps. Ca a dû être la guerre en bas. Une sacrée bataille en tous cas !

J'ai le temps de dire bonjour à ma voisine. Elle a l'air d'aller mieux que la veille. Nous papoterons plus tard. Je demande à ma fille comment ils ont occupé le temps. Ils sont allés se promener dans Paris. Bâteau mouche et quartier latin où ils ont mangé dans une crêperie. Ca va, ils ont bien passé le temps. Ma fille est sereine. Quelle belle journée !

J'essaie de discuter un peu avec mes 2 anges. Mais devant ma fatigue, nous décidons ensemble qu'il est temps pour eux de rentrer. Qu'ils soient tranquilles, je vais bien.

Un peu plus tard, je demande à l'infirmière s'il est possible de boire un peu d'eau car j'ai très mal à la gorge. L'anesthésiste qui vient de passer m'y a autorisée. L'infirmière est surprise mais me donne un fond de verre d'eau. Je bois. Ca fait mal. Et, dans la seconde, je vomis. Du sang ! Je sonne. L'infirmière me débarasse et me dis que c'est normal. C'est beaucoup trop tôt. Aucun doute, j'ai bien été opérée de mon estomac. Que ma nouvelle vie commence...

La fin de l'après-midi va se dérouler gentiment, dans la brume. Je n'en ai d'ailleurs pas gardé d'autre souvenir.

 

Je suis heureuse.

12:57 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : que du bonheur |  Facebook |