09/09/2008

De retour à la maison

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Je le savais que j'allais faire ça tout de suite en arrivant, mais après avoir embrassé ma fille et caressé mes chiens : je me suis pesée.

Quelle joie et quelle surprise aussi : 119 kilos et 100 grammes. J'ai déjà perdu 5 kilos. J'ai envie de rire, j'ai envie de pleurer, je ne sais plus ce que je dois faire. Quel bonheur!

Mais je suis fatiguée. Je m'assoupie sur mon fauteuil, les jambes surélevées, heureuse au milieu des miens.

14:16 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moins 5 kgs |  Facebook |

C'est l'heure de la sortie

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Vendredi 15 août 2008

C'est un grand jour pour ma voisine et pour moi. Nos maris respectifs viennent nous chercher. Nous rentrons à la maison.

Bien que je me sente encore très fatiguée. Je suis heureuse de rentrer. Je vais retrouver mon petit monde : ma famille, mes chiens Nugget le cavalier king charles et Brioche le cocker américain, mes amis etc...

Ce matin, après un petit déjeuner copieux (un bol de café au lait, deux biscottes avec beurre et confiture -je n'ai pas pris le beurre et n'ai mangé qu'une biscotte) j'ai demandé au médecin lors de sa visite quand je pouvais reprendre la pétanque. Il m'a répondu : "Maintenant si vous voulez. Evitez le tir à l'arc mais la pétanque, y'a pas de soucis". Bien reçu Docteur. Merci pour tout.

Derniers actes administratifs accomplis, ma voisine est déjà partie (nous avons échangé nos numéros de téléphone pour prendre des nouvelles de temps en temps).  C'est jour férié, on m'enverra par courrier les explications nécessaires pour manger. Pour l'instant, liquide, mixé mais pas de morceau et pas de pain (ça gonfle!). Il est 11:00. Mon mari est arrivé en même temps que le taxi. Je remercie à nouveau tout le monde. Nous rentrons.

Après la pluie, vient le beau temps

Nous sommes le mercredi 13 août.

Quelle surprise ! On m'apporte un bol de café. Je suis ravie. Ca y est, j'ai le droit d'avaler quelque chose. Hum, mon haleine va changer, enfin ;-)

Je bois mon café avec bonheur. Le seul souci, c'est mon petit besoin naturel à satisfaire. Je n'y arrive pas (le bassin et moi ne sommes pas copains) et le café ne va rien arranger. J'en parle aux infirmières. Encore un peu tôt pour me lever et un peu difficile : j'ai la perfusion à gauche, le redon à droite et un appareillage électrique sur chaque jambe (pour éviter les phlébites). Il faut absolument me soulager et donc me sonder. Je n'éprouve aucune crainte, j'ai tellement besoin de m'alléger.

La sonde est posée. Quelle plénitude !  Je n'ai pas compris pourquoi c'était déjà beaucoup un litre et que l'infirmière a décidé de retirer la sonde.  Il y avait certainement une raison.

Après déjeuner (un bol d'eau chaude aromatisé, une compote et un yaourt nature), vers 13:00, une infirmière vient refaire mes pansements. J'en profite pour constater. Il y a 4 trous de 2 cms environ dont 1 pratiquement cicatrisé, et un tout petit dans le nombril. Ils sont tous très beaux. Je les aime. Le seul qui soit encore ouvert c'est celui qui accueille le redon. Normal.  Température normale (36-6), pas de douleurs insurmontables, la perfusion m'est retirée. Ah, un début de liberté.

J'ai encore un petit besoin naturel à satisfaire. Je ne suis toujours pas tombée amoureuse du bassin. Qu'à cela ne tienne, une aide soignante me désemprisonne les jambes et m'aide à me lever. Déjà ! Je suis ravie, un peu faible sur mes jambes, mais ravie de pouvoir aller au petit coin toute seule. Vive l'indépendance ! J'en profite pour récupérer et déchirer soigneusement mes lettres d'amour écrites dans un moment de grande et finalement inutile inquiétude.

Vers 15:00, mon mari et ma fille me rendent visite. Ma fille m'offre un joli rosier. Merci mes amours.

Nous sommes le jeudi 14 août.

Aujourd'hui, mon mari ne viendra pas. Il travaille. Mais ce n'est pas bien méchant puisque je sors demain d'après ce qu'a dit le médecin. Il vient de passer. Selon lui tout se passe bien. Mon copain le redon va même pouvoir regagner son placard.

Une infirmière vient donc l'oter. Sensation fort désagréable mais qui n'a duré que quelques secondes malgré la longueur du tuyau (environ 50 cms). Avec le recul, c'était pas bien méchant. Et puis nous, les femmes, nous sommes résistantes.

Et bien voilà, je suis totalement libre. La journée se passe agréablement. Tout le personnel hospitalier est charmant. Je discute avec ma voisine. Elle habite dans l'Aube. Elle m'explique qu'elle a dû se faire opérer des intestins (cancer décelé pendant ses vacances il y a 15 jours). Elle est soulagée. Comme je la comprends. Quant à moi je lui explique mes motivations. Elle me comprend. Je l'invite à boire un café au rez-de-jardin. Nous marchons comme des petites vieilles mais tellement heureuses l'une et l'autre. Comme la vie peut être belle !

14:02 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : re que du bonheur |  Facebook |

JOUR J, mon réveil

Quand j'ouvre les yeux, je suis dans la salle de réveil. Je suis donc vivante ! Quel bonheur ! sallesspiavron[1]

J'entends une dame dire sur un ton un peu énervé : "oui, oui, elle, on la remonte". Que s'est-il passé ? Elle en a après moi ? J'ai peut-être été désagréable pendant mon sommeil. Je ne veux rien savoir Embarassé. Je me rendors (ce n'est pas difficile).

chambreavron[1] Quelques minutes plus tard, j'arrive dans ma chambre. J'ouvre à nouveau les yeux et peux apercevoir mon mari et ma fille qui m'attendent devant la porte. Ils sont là. Je suis là moi aussi. Il est 13:40.

Le brancardier m'installe. Mes amours me rejoignent. "Alors, comment tu vas ?"

Je ne m'étais pas posé la question. Je sais que je suis heureuse. Je suis vivante et j'ai dû être opérée car j'ai mal partout. Au ventre bien entendu. Mais surtout à la gorge. Et je ressens comme des courbatures dans tout le corps. Ca a dû être la guerre en bas. Une sacrée bataille en tous cas !

J'ai le temps de dire bonjour à ma voisine. Elle a l'air d'aller mieux que la veille. Nous papoterons plus tard. Je demande à ma fille comment ils ont occupé le temps. Ils sont allés se promener dans Paris. Bâteau mouche et quartier latin où ils ont mangé dans une crêperie. Ca va, ils ont bien passé le temps. Ma fille est sereine. Quelle belle journée !

J'essaie de discuter un peu avec mes 2 anges. Mais devant ma fatigue, nous décidons ensemble qu'il est temps pour eux de rentrer. Qu'ils soient tranquilles, je vais bien.

Un peu plus tard, je demande à l'infirmière s'il est possible de boire un peu d'eau car j'ai très mal à la gorge. L'anesthésiste qui vient de passer m'y a autorisée. L'infirmière est surprise mais me donne un fond de verre d'eau. Je bois. Ca fait mal. Et, dans la seconde, je vomis. Du sang ! Je sonne. L'infirmière me débarasse et me dis que c'est normal. C'est beaucoup trop tôt. Aucun doute, j'ai bien été opérée de mon estomac. Que ma nouvelle vie commence...

La fin de l'après-midi va se dérouler gentiment, dans la brume. Je n'en ai d'ailleurs pas gardé d'autre souvenir.

 

Je suis heureuse.

12:57 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : que du bonheur |  Facebook |

Mardi 12 août 2008, JOUR J


C'est le grand jour.

Il est 5:30. Une infirmière me réveille, me prend la tension, me demande de passer LA blouse et de prendre une nouvelle douche à la bétadine. Je suis un peu groguie. Le somnifère sûrement ! Je m'exécute et espère impatiemment l'arrivée de ma fille et mon mari. Il est 6:00, mon mari me téléphone : "ça y est, nous sommes dans le train". Bisous, à tout à l'heure.

Un infirmier m'apporte deux médicaments à prendre pour me détendre. Je les avale sans me faire prier. J'en ai besoin. Et puis comme ça, je peux boire une gorgée d'eau Langue tirée.

Il est 7:00. Mon mari et ma fille sont arrivés. Je les embrasse tendrement. Ils m'embrassent tendrement. Je suis dans le brouillard mais je sais qu'ils sont là. J'espère qu'ils ne vont pas trop s'inquiéter. J'espère qu'ils ne vont pas s'ennuyer. Ils vont devoir attendre environ 5 heures avant que je ne regagne ma chambre.

Le temps est passé très vite. J'ai dû m'endormir un peu. Il est déjà 7:40 et un brancardier vient me chercher. "Bonjour Madame, vous allez bien ? Vous êtes prête ? Alors on y va". Mes amours m'accompagnent jusqu'à la porte du bloc opératoire. Un dernier bisou. Des derniers mots d'amour. A tout à l'heure, j'espère...

Les portes du bloc se referment. A nous deux Gastrectomie !salleblocavron[2]

J'entends tout le monde mais je ne vois personne. Je ne peux pas dire pourquoi. D'habitude on aperçoit les soignants. Cette fois, je n'en ai vu aucun. Une personne (une dame je crois) me caresse (quelle douceur) la main droite. Mon bras gauche est déjà indisponible ! Je sens une larme que je n'ai pu retenir couler sur ma joue. Quelqu'un me pose un masque à oxygène. J'entends parler : "Il est arrivé le Dr Hobeika ?" Une voie féminine répond : "oui, je viens d'appeler, il est dans l'étage". Une autre dit alors : "Bon, et bien on peut y aller".

"On va vous endormir Madame. A tout à l'heure. Tout va bien se passer. Ne vous inquiétez pas. Faites de beaux rêves".

J'ai peur. La main inconnue me caresse toujours. Je m'endors très vite.

11:52 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : quelle anqoisse |  Facebook |

Grand départ

Nous sommes le vendredi 8 août et je n'ai aucune nouvelle de l'hôpital. J'arrête le travail ce soir, demain j'ai un concours de pétanque, dimanche je fais ma valise et, si tout va bien, lundi je rentre à la Croix Saint Simon à 15:30.

Et oui, j'ai du mal à y croire, mais c'est le jour du départ. Je fais un gros bisou plein de tendresse à ma fille qui reste à la maison (elle viendra me voir demain). Nous n'arrivons pas à nous quitter. Nous pleurons autant l'une que l'autre. Pourtant j'essaie d'être forte mais ses larmes ont entraîné les miennes. Cet au revoir a des goûts d'adieu. C'est étrange cette sensation et très désagréable.

Mon mari m'accompagne et nous prenons le train à 14:30.

Il est 15:30. Nous arrivons à l'hôpital. hallavron1[1]
 Je me présente aux admissions. Ouf, mon arrivée est bien prévue. Comme demandé, nous montons au 3ème étage dans le service "chirurgie digestive", MON service.

Ah, ma chambre n'est pas prête. Ce n'est pas grave, le médecin anesthésiste qui est là nous propose de nous recevoir pour nous expliquer à quelle sauce j'allais être mangée. Ca tombe bien, je suis de plus en plus anxieuse et j'ai plein de questions à lui poser.

Ce Monsieur, d'une gentillesse extrême, m'explique le déroulement de la journée de demain et surtout me rassure. Il n'y a pas de raison médicale pour craindre de ne pas me réveiller. Et si, par malchance, il devait y avoir un incident, ils ont les moyens de me "récupérer" et je ne m'en rendrai pas compte. Une chose est sûre, je vais avoir le droit à des anxiolitiques et autres calmants. Ca va m'aider à appréhender ces heures à venir.

Dernière petite question : "mon départ au bloc étant prévu vers 7:30, mon mari et ma fille sont-ils autorisés à venir me faire un bisou avant? C'est vraiment très important pour nous." Le médecin va faire en sorte que ce soit possible. Il nous le confirme tout à l'heure. Merci monsieur. A tout à l'heure...

Ma chambre n'est pas prête. Tant mieux, nous descendons prendre un café. Dernier café ? L'anesthésiste nous rejoint et nous confirme que ma fille et mon mari pourrons venir m'embrasser demain matin mais il faut absolument qu'ils soient là à 7:15 au plus tard. Merci infiniment.

Il est 17:00. Nous remontons et cette fois ma chambre est prête. Je la partage avec une dame qui apparemment est au bloc. Ca me met efficacement dans l'ambiance.

Une infirmière vient me voir, me pose quelques questions d'usage, me donne LA blouse ouverte dans le dos que je devrais passer demain matin et me demande de déjà me mettre en habit de lutteuse. Une aide soignante va venir me chercher pour me raser. Ca y est, les moments désagréables commencent.

Je conseille à mon mari de rentrer à la maison. Virginie a certainement besoin d'être consolée et de toutes façons, je vais déjà être prise en charge. Je le raccompagne au rez-de-jardin, nous fumons une dernière cigarette ensemble. Bisous. A demain.

Je remonte dans ma chambre. L'aide soignante vient comme convenu me chercher. Je prends une douche à la Bétadine et m'installe. Téléphone, revues féminine etc... et j'attends...

C'est l'heure du repas : un bol d'eau chaude aromatisée et une compote. Je commence déjà à maigrir.

Il est 20:30, une infirmière passe m'apporter un calmant et un somnifère. Elle me demande de ne rien avaler après minuit mais m'autorise tout de même à fumer une dernière cigarette.

Aussitôt dit, aussitôt fait : je descends et fume deux cigarettes en passant mes coups de fil. Mes parents, mon mari et MA FILLE. Je vous aime tous. A demain...

Allez, je me décide enfin à remonter : j'ai du boulot... Je ne m'endormirai tranquille que quand j'aurai écrit des lettres d'amour, toujours à mes parents, mon mari (mes dernières volontés en quelque sorte), et MA FILLE : "Tu sais mon grand amour, que, quelle que soit notre destinée, je t'aime et t'aimerai toujours et que, de là où je suis, mon seul souhait est de te voir sourire".

Je range mes courriers dans mon livret de famille. "On" les trouvera forcément. J'avale mes médicaments. Derniers petits coups de téléphone. Je peux essayer de dormir bercée par le rythme de la pompe à morphine branchée à ma voisine qui est revenue. Elle dort. A demain...

08/09/2008

C'est quoi le jour J ?

Je craque ! J'étais prête ! Et pourtant ...

On est jeudi. L'opération est dans une semaine. Et re ... coup de fil de l'hôpital. Re urgence imprévue. Re déprogrammation de l'opération. Re désespoir. Cette fois j'en pleure de rage et de tristesse. J'en peux plus d'attendre, de me préparer (psychologiquement j'entends), JE N'EN PEUX PLUS. J'essaie de le faire comprendre à cette satanée secrétaire. Je lui dis même que moi aussi je suis devenue une urgence et que finalement je n'ai plus qu'à ouvrir la fenêtre et ... Evidemment, le ton de la dame change. Elle me propose une date dès le retour de vacances du chirurgien et m'assure que cette fois il n'y aura pas de changement.

Je ne la crois pas. Ma DRH regarde le calendrier et m'encourage à accepter la date proposée en m'assurant qu'il n'y aura pas de problème pour les collègues, que le principal pour moi est que je me fasse opérer.

J'en parle avec mon mari et ma fille. Ils me consolent. Je finis par dédramatiser et je rappelle l'hôpital : "OK pour le 12 août".

Cette fois, je ne trouve pas de date historique à y associer. J'aurais même tendance à me dire que cette dernière annulation est peut-être un signe du destin. Peut-être ne devrais-je pas la faire cette opération. Peut-être que ça va mal se passer. Peut-être ne vais-je pas en sortir. Ca y est, mon cerveau est en plein scénario castastrophe...

Vraiment, je craque.

20:50 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ggggrrrrrrrrr |  Facebook |