04/09/2008

Le jour J approche

Dans une semaine, je me fais opérer.Ca y est, je crois que je suis prête. J'essaie de ne pas trop en parler au bureau. Je ne veux pas saouler les collègues. Mais c'est vrai que je ne pense qu'à ça.

Mon portable vient de sonner. Je n'ai pas eu le temps de décrocher. J'écoute le message : " Bonjour Madame, ici la secrétaire du Dr HOBEIKA à la Croix Saint Simon. Je suis désolée mais l'intervention prévue le 6 juin va devoir être reportée. Pouvez-vous me rappeler pour convenir d'une autre date ? Je vous remercie."

CriantLa terre s'écroule mais je rappelle cette secrétaire que je hais sans connaître. Je ne peux pas discuter, le docteur doit répondre à une urgence. J'essaie de plaider ma cause en pensant également aux collègues qui doivent partir en congés dès mon retour d'opération mais la réponse ne permet aucun commentaire : "un jeune homme, victime d'un cancer, doit se faire opérer sans délai".

Evidemment, je me résigne à comprendre et à accepter, en accord avec les collègues et ma Directrice des Ressources Humaines, de reporter au ..... 4 juillet.

Le 4 juillet, n'est-ce pas une date importante aussi ? N'est-ce pas le jour de l'INDEPENDANCE américaine ? Allez, on va dire que ça va être une bonne date pour moi aussi... et finalement, c'est dans un petit mois !!! hum

19:31 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je desespere |  Facebook |

Démarche et opération

Janvier 2008 :

Même si mon mari ne m'a connue qu'avec mes "rondeurs" et même s'il dit qu'il les aime, même si les gentils me répètent que ce n'est pas l'enveloppe qui compte mais ce que j'ai à l'intérieur (il paraît qu'il est pas mal l'intérieur) et même si je connais l'existence des risques liés à l'intervention, CA Y EST, JE SUIS DECIDEE.

Je vais donc consulter le médecin traitant de mon mari (le mien n'est pas pressé d'envisager une intervention) qui me fait faire le tout premier examen, une prise de sang pour vérifier qu'il n'y a pas dérèglement hormonal. Après les vérifications d'usage, alors que je souhaitais la pose d'un anneau gastrique, il me propose un By-pass ! Moi qui pensais que c'était là l'opération de la dernière chance, je reçois cette proposition comme un électrochoc. Mon cas est donc à ce point désespéré ?!!!

Après discussion, je l'ai convaincu. Il me conseille donc de prendre rendez-vous auprès d'un chirurgien gastrique qui exerce dans un hôpital privé près de mon domicile et me fait le "petit mot" à l'attention de son confrère. Ca y est, c'est parti, la porte vers le bonheur s'ouvre enfin.

Fin janvier 2008 :

Aïe, pas très causant le chirurgien. Ce n'est pas grave, il est sûrement très professionnel et c'est bien ce qui compte. C'est la première consultation (80 € quand même) et 5 minutes dans le bureau. Juste le temps de me prescrire plusieurs examens : électrocardiogramme, fibroscopie, entretien avec un diététicien et surtout entretien avec un psychiatre. Il ne se prononcera sur l'éligibilité de mon cas qu'après ces visites indispensables. Bon, allons-y.

Février 2008 :

Pas de chance, il y a des ulcères et une hernie à soigner. Délai 15 jours, opération programmée pour le 26 févier 2008. Mais comme rien ne peut être simple, c'est le moment que j'ai choisi pour voir pousser un superbe abcès sur l'intérieur de la cuisse qu'il a fallu opérer en priorité. Et voilà, on reporte donc la pose de l'anneau au 24 mars. Ah, j'oubliais, il y a des dépassements d'honoraires. Il paraît qu'il y a plus cher ailleurs mais quand même, 750 €, il va falloir les trouver...

Début mars 2008 :

Une amie me parle de l'hôpital de la croix Saint-Simon à Paris 20 où son mari s'est fait opérer de la hanche. Là bas, il n'y a pas de dépassement d'honoraires, l'hôpital est reconnu pour sa lutte contre les maladies noesocomiales et en bonne place dans le classement national des hôpitaux. C'est vrai après tout, ça ne coûte pas grand chose une visite. Aussitôt dit, aussitôt fait, rendez-vous est pris pour fin avril. Tant pis, ça vaut la peine, j'annule donc mon rendez-vous du 24 mars.

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Fin avril 2008 :

Je ne sais pas vraiment pourquoi mais le contact avec le chirurgien me paraît plus serein et professionnel. Ca me rassure. Heureusement car ce que m'annonce ce médecin me surprend : "Ici, nous ne pratiquons plus la pose de l'anneau gastrique. Il présente trop de risques par rapport aux résultats obtenus". Et là, il me propose le choix entre le by-pass (encore lui) et le sleeve-gastrectomie (ablation des 2/3 de l'estomac). Gloups, j'étais pas prête. Qu'à cela ne tienne, j'ai le temps de réfléchir puisqu'il faut encore que je vois un psychiatre.

Début mai 2008 :

Sympa le psy, il me donne rendez-vous très rapidement et me trouve suffisamment motivée et prête pour le ..... sleeve gastrectomie. SUPER !

J'ai donc un nouveau rendez-vous avec mon chirurgien le 24 mai et nous programmons ensemble l'intervention pour le 6 juin 2008 (il ne voulait pas le 13, alors du coup moi non plus). Entre temps, j'aurais bien entendu vu l'anesthésiste qui m'aura fait faire d'autres prises de sang pour plus de sûreté.

Ca me va bien la date du 6 juin. N'est-ce pas là la meilleure date pour vivre le début de la libération ?

03:51 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ca se precise |  Facebook |

Il fallait que ça change !

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Bisou Bonjour à tous, voici mon histoire,

Je m'appelle Christine, j'ai 42 ans, je suis mariée pour la seconde fois depuis deux ans et maman d'une jolie jeune fille de 18 ans.

L'obésité fait partie intégrante de la famille puisqu'installée depuis plusieurs générations du côté maternel.

Depuis trop d'années, j'étais prisonnière de mes kilos et souffrais des railleries des potes ou des illustres inconnus bien pensants qui vous jugent sans vous connaître. Au collège, la Baleine Bleue était mon pseudo.

Connaissez-vous ce mal dont on souffre en silence ? En silence parce que personne n'est enclin à vous écouter puisqu'inapte à vous comprendre. Savez-vous ce que c'est que de vivre d'interdictions ? En pleurs Je parle bien entendu de ces interdictions alimentaires : tout vous profite donc il ne faut rien manger. Mais je parle surtout de ces interdictions imposées par "les autres" et leur regard. Ah ce regard !!! Ce regard qui vous juge constamment et devant lequel vous ne vous permettez aucun plaisir. Interdites les baignades à la mer (moi je trichais, je me baignais quand même mais quand toutes les sculptures impécables, naturelles ou non, étaient parties, vers 20 heures quoi, quand il commence à faire froid, mais c'est vrai, c'était mon choix). Interdite la piscine (et même si ça aurait fait plaisir à ma fille). Interdit de manger quoi que ce soit dans la rue ou tout autre lieu public. Interdit d'oser s'approcher d'un buffet quelle que soit la réception. Interdit de remplir trop sa "gamelle" du midi (il ne faudrait pas qu'elle soit plus remplie que celle des collègues). Interdits les magasins de prêt à porter qui ne proposent d'habiller que les femmes encore dignes d'être appelées comme cela). Interdits les parcs d'attractions ou alors juste en promeneuse (moi je pouvais encore m'amuser dans les attractions mais toujours en espérant que mon poids ne ferait pas tomber en panne la machinerie. Par contre, pour abaisser les barrières de sécurité, il me fallait me résigner à ne plus respirer). Bien que je m'autorisais les restos entre amis ou en famille (avec le premier pas à l'intérieur de l'enceinte fort fébrile puisque monstrueusement complexé), je m'interdisais les frites ou encore le bon dessert trop copieux. Interdites les photos. Interdites également les initiatives (mais pour qui elle se prend celle là? Elle s'est bien regardée?). Et je pourrais encore en ajouter mais je risquerais de vous lasser, alors j'arrête là ma liste.

C'est dommage ces interdictions qu'on s'afflige à soi même alors que notre entourage nous rabâche : "mais tu t'en fous des autres". Et bien non, on ne s'en fout pas. Ni des autres et ni de cet entourage qui parfois n'en pense pas moins et qui, à notre place n'existerait peut-être pas davantage.

C'est donc pour ces raisons, mais aussi parce qu'il faut bien le reconnaître, la santé et la forme ne sont plus ce qu'elles étaient, que j'ai pris LA décision. Celle de  subir l'intervention chirurgicale qui devrait changer ma vie ; ce que les nombreux et douloureux régimes n'ont pas su faire. Il fallait que ça change...... et ça va changer Clin d'oeil

02:53 Écrit par Christine dans Santé Gastrectomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espoir, quand tu nous tiens |  Facebook |